DN MADe mention Espace

 
 

Mention Espace / Parcours Élaboration d'Espaces, Mutation des Territoires

 

Aménagements de l’habitat, élaboration d’espaces publics et collectifs, approche de l’urbanisme et du paysage, conceptions scénographiques et muséographiques, création d’espaces éphémères, événementiels ou commerciaux sont au programme du DNMADe Élaboration d’Espaces et Mutation des Territoires de l’ÉSAAB.

Ainsi, en plus d’une maîtrise professionnelle de la démarche créative en design d’espace, notre parcours vise à faire découvrir et affirmer les orientations personnelles des futurs designers. Entre veille technologique, analyse sociologique active, pluralisme des sujets d’étude et maîtrise des « outils » de conception, ce parcours veut offrir à ses étudiants l’opportunité d’un choix éclairé et assumé dans leur orientation professionnelle post licence. 

De grandes mutations s’opèrent aujourd’hui sous nos yeux, à travers le monde. Dans ce contexte global riche et passionnant, l’élaboration d’oeuvres pertinentes et durables relevant du design d’espace est un nouveau défi pour nos générations de futurs concepteurs. Imaginer et développer un lieu de vie devient désormais un acte politique fort car responsable d’une qualité et d’une pérennité d’environnement, de territoire, et d’habitat. 

L’ÉSAAB, idéalement implantée entre ville et campagne, propose dans cette perspective une fenêtre d’étude enviable et unique sur un environnement composé d’une grande variété de lieux urbains, ruraux ou naturels, eux aussi, en perpétuelles mutations. Cette particularité est un atout pour une approche pédagogique contemporaine, exhaustive et transversale d’un design d’Espace en résonance avec les enjeux des nouvelles problématiques environnementales et urbaines de nos sociétés d’aujourd’hui, comme de demain.

 

[PRATIQUE ET MISE EN OEUVRE DU PROJET] Cet enseignement est fondé sur la notion de « projet » et conduit à la conception d’une réponse de design d’espace développée au regard d’un programme ou d’un cahier des charges. Le développement et la mise au point d’un projet nécessite l’emploi d’une large gamme de savoir-faire, d’outils de recherche, d’expression et de communication que le futur designer d’espace apprendra ici à maîtriser.

Ce cours, par l’expérimentation et la recherche dynamique de solutions d’aménagements, donne à la Pratique et Mise en Oeuvre du Projet une orientation qui vise à une maîtrise souple et efficiente de la démarche créative. Dans cette perspective, chacun pourra s’approprier les méthodologies conceptuelles, tout en explorant les champs du possible en design d’espace, afin de développer et de nourrir sa propre expérience vers un accomplissement personnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Études de décors réalisées en lien étroit et avec le soutien de LA MAISON (Maison de la Culture de Nevers Agglomération).

 

 

 

 

 

 

 

[TECHNIQUES ET SAVOIR-FAIRE] L’objectif du cours techniques et savoir-faire est de découvrir, au sein d’ateliers, les outils fondamentaux d’une approche diversifiée et transdisciplinaire du design d’espace. Chaque cours est étayé d’exercices analytiques, qui sont des prétextes pour aborder des médiums d’expression essentiels à chaque designers. Ici l’accent est mis sur le dessin conventionnel, la maquette, les codes de représentation, l’analyse et la lecture de plan, la perspective, l’ombre et la lumière, la confrontation à l’échelle du corps, les notions de structure, l’acquisition d’un vocabulaire technique spécifique, l’élaboration de scénarii d’usage, les repères architecturaux et le cheminement d’un concept, le relevé architectural, la programmation, l’agencement de l’espace, les notions de frontière et de limite, la relation art et architecture, la tenue d’un carnet de croquis et d’analyse architecturale, etc..

 

Le croquis

Le cours de « techniques et savoir-faire » permet aux futurs designers de développer leur pratique du croquis. Le croquis est un outil primordial d’aide à la réflexion et à la conception. Il permet d’exprimer pensée et sensibilité au travers de choix où l’analyse est retranscrite avec un regard personnel. Cette transcription graphique permet d’enregistrer de nombreux détails, ceux-ci pourront alors enrichir la connaissance technique et venir alimenter un projet.

 

Maquettes en béton et typographie 3D

Il était demandé aux étudiants de faire subir à un cube une série de transformations, agrégations, dissections, dans le but de concevoir un objet inspiré du brutalisme architectural des années 60. La méthode pour obtenir les pièces en béton est celle du coffrage utilisée sur les chantiers de construction. Les pièces créées en positif voient leur formes traduites en négatif à l’intérieur d’un moule. Ainsi, on peut voir la complexité du moule augmenter rapidement dès que la géométrie de l’objet se complique un peu.

L' exercice typographie 3D proposait un travail sur la réalisation de mots avec un double sens de lecture. Ce travail relié au mouvement du corps dans l’espace présente des mots qui modifient leur apparence et leur sens du fait que l’observateur se déplace autour d’eux. C’est ainsi que par exemple BEAU devient LAID ou que SHADE devient LIGHT. 

 

 

Les figurations du projet

Cet enseignement constitue une part importante de « l’élaboration d’espaces » qui caractérise le parcours de ce diplôme. Soulignant le travail fondamental de construction d’une démarche de projet, l’élaboration désigne aussi le temps nécessaire à l’appropriation des savoir-faire acquis en première année. C’est dans cette transformation des outils de représentation en instruments d’investigation que se produit l’élaboration du projet. Le parcours interroge l’hypothèse que les mutations territoriales, toutes échelles confondues, provoquent des changements dans la manière d’élaborer des espaces.

Dans cette deuxième année l'étudiant mobilise ses savoir-faire techniques et professionnels acquis en première année et en expérimente leur articulation dans de nombreuses situations de création. L'objectif est ici de dépasser la seule considération utilitariste des figurations du projet, comme les distingue Olivier Meystre, (plan, coupe, élévation, 3d, maquettes de recherche, maquettes finalisées) en les installant comme des éléments essentiels de la création, des composants actifs qui, par leur exigence et leurs possibilités, déterminent le projet. À côté des méthodologies traditionnelles de projet, cet enseignement de deuxième année propose à l'étudiant d'expérimenter des conduites variées, nouvelles, critiques, qui lui permettent de cultiver la singularité de sa démarche.

Si les apprentissages liés à cet enseignement sont réinvestis en Pratique et Mise en Oeuvre du Projet, les cours de Techniques et Savoir-faire permet à l'étudiant de conduire un projet en particulier. Si les objectifs sont ici différents - c'est moins la mise en oeuvre de la démarche qui nous intéresse que ses composants - l'étudiant doit pouvoir trouver le lieu d'une démarche libre, sans a priori, en sollicitant comme il le souhaite l'ensemble de ses acquis. Pour cela l'année est découpée en deux parties, le semestre 3 qui permet de consolider et d'ouvrir des perspectives nouvelles à partir des composants du projet et le semestre 4 qui permet à l'étudiant de mobiliser, de manière autonome, un maximum d'apprentissages à l'occasion d'une ou plusieurs situations de projet (de l'échelle architecturale à l'échelle urbaine, du travail individuel ou collaboratif).

 

A) Surélévation d'un cabanon, la représentation du projet en Espace

À partir d'un exercice simple - une surélévation d'un cabanon de bord de mer - les étudiants de 2ème année du parcours Élaboration d'espaces, mutation des territoires du DNMADE de l'ÉSAAB ont découvert quelques modes de représentation du projet d'architecture (plan, coupe, maquette). Le point de départ d'une séquence qui installe la représentation du projet comme un élément essentiel ; une exigence graphique et volumique qui stimule la créativité des propositions spatiales (à ce sujet, lire la publication d'Olivier Meystre, Images des microcosmes flottants. Nouvelles figurations architecturales japonaises, éditions Park Books, Zurich, 2017) .

 

     

 

B) 1/1000000000, l'échelle, une donnée fondamentale

Cet exercice, réalisé à partir d'une série de maquettes en papier, souligne l'importance de l'échelle dans le projet d'architecture. Au-delà d'un simple rapport avec la réalité, l'échelle permet aussi de modifier la nature des objets ; une table est une table au 1/50ème, une mezzanine au 1/100ème, un portique au 1/200ème... Un travail qui s'appuie sur l'ouvrage de Hideyuki Nakayama, 1/1000000000, Contemporary architect's concept series, n°25, éditions LIXIL, Tokyo, 2018, et l'exposition de Junya Ishigami à Bordeaux, en 2014 (Arc-en-Rêve, "How small? How vast? How architecture grows").

   

   

 

 

 

Architectures utopiques - Sérigraphie.

 

 

[OUTILS EXPRESSION EXPLORATION CRÉATIVE] Les outils d’expression et d’exploration créative en lien avec le design d’espace se focalisent sur un ensemble d’apprentissages, d’expérimentations et de recherches en volumes. Associant intimement les gestes de fabrication à la pensée créative, cette approche vise à positionner l’étudiant dans une démarche individuelle, ou collaborative, faisant passer l’Idée de son caractère intangible à la réalité en trois dimensions. Transversale par essence, cette pratique faisant appel à des actions basiques de découpages, pliages, collage, assemblages d’une multitude de matériaux, impose savoir-faire, anticipation, organisation et précision dans le travail. Vectrice d’une vision maîtrisée dans l’espace cette discipline productrice d’échantillons, de sculptures, d’esquisses en volumes, de maquettes de principes ou de maquettes d’études est un laboratoire au service d’une démarche créative aussi bien raisonnée qu’empirique. 

  

[TECHNOLOGIE ET MATÉRIAUX] Cet enseignement a pour objectif, par une approche théorique et empirique, de transmettre une culture technique liée aux usages et à la mise en oeuvre des matériaux traditionnels, contemporains ou innovants. En complément de la « Pratique et mise en oeuvre du projet », entre connaissance scientifique et expérimentations, ce cours, introduit également une approche concrète et technique liée aux spécificités de l’aménagement d’espaces. Le questionnement sur la mutation des territoires, spécifique au parcours DNMADe mention Espace de l’ÉSAAB, apporte une dimension prospective à cet enseignement. De grands enjeux sociétaux comme, le changement climatique, la résilience urbaine, le développement et l’architecture durables, les transitions énergétiques, les nouvelles mobilités, la préservation des espaces naturels, l’éco-conception, les matériaux du futur comme la redécouverte de savoir-faire ancestraux,… seront ici abordés sous l’angle d’un design d’espace responsable et contributeur d’un avenir maîtrisé et durable.

 

Vocabulaire et mises en oeuvre

Le cours de technologie et matériaux en première année est organisé en  quatre chapitres correspondant aux principales familles de matériaux en architecture : le béton, la pierre, le bois et l’acier. Cet enseignement vise l’apprentissage d’un vocabulaire technique soutenu par l’étude de quelques mises en œuvre, de l’échelle architecturale à l’échelle urbaine.

Loin d'une connaissance exhaustive, d'un contenu exclusivement technique et technologique, ce cours propose de valoriser certaines mises en oeuvre singulières des matériaux les plus connus. Il ne s'agit pas de balayer l'ensemble des potentialités d'un matériau, mais d'en choisir une approche précise et sensible de l'échelle architecturale à l'échelle urbaine (habitation, logements, aire de jeux).

Au semestre 1 l'enseignement est dispensé sur le mode du cours magistral. Chaque chapitre est abordé de la même manière : un vocabulaire spécifique et ses définitions en première partie de cours, des schémas et des données techniques liés à l'utilisation et à la mise en oeuvre d'un matériau pour aborder des aspects plus spécifiques, des exemples et des illustrations issus du champ de l'architecture et l'urbanisme (moderne et contemporain) pour étoffer une culture matérielle et engager la curiosité et l'observation des étudiants, des études de cas, des vidéos (les documentaires de Louise Lemoine et Ila Beka, Pierre Maillard), des articles traitant de l'actualité des matériaux étudiés pour problématiser parfois et porter la réflexion au-delà de la seule assimilation des connaissances. Le chapitre se conclut par une évaluation où l'étudiant, en plus de démontrer une certaine maîtrise de ses connaissances, est capable de faire preuve de bon sens face à quelques situations spatiales et constructives.

Au semestre 2, le cours magistral laisse place à un exercice pratique qui permet à l'étudiant d'articuler des enseignements différents : la réalisation de maquettes à partir de documents graphiques conventionnels (coupes et plans côtés et légendés) où le traitement des matériaux sera le plus juste possible dans ses aspects esthétiques (travail sur les matériaux particuliers de la maquette ou sur des astuces d'illusion). La maquette ainsi réalisée s'approchant davantage d'une maquette de finalisation du projet plutôt que d'une maquette de principe ou d'étude, déjà travaillée dans les autres enseignements.

Réalisation d'une maquette réaliste à partir des dessins de l'agence japonaise Atelier Bow-Wow (dessins extraits des deux albums Graphic Anatomy 1&2 édités par TOTO et publiés en 2007 et 2014).

Réunis en binômes, les étudiants de la mention Espace du DNMADe 1ère année ont réalisé la maquette de l'un des projets de l'agence (YIMBY House, 2006, Californie, USA ; Pony Garden, 2008, Sagamihara, Japon ; House of boat, 2012, Tokamachi, Japon et Core House, 2012, Ishinomaki, Japon). Ils avaient pour seuls éléments les dessins de chaque projet : des plans, des coupes et des axonométries. Ces dessins ont la particularité d'être très détaillés et abondamment légendés, renseignant les moindres détails, jusqu'aux plus petites dimensions, aux plus petites sections. Les étudiants devaient étudier et comprendre chaque représentation, traduire ce qui était indiqué en anglais, relever toutes les dimensions pour préparer leur travail. L'objectif affiché était de traduire la réalité des matériaux par des qualités chromatiques, graphiques et texturelles inventives. Les étudiants ont pu appréhender le rapport singulier à l'espace que mettent en oeuvre les architectures japonaises contemporaines qui, malgré des spécificités culturelles, interrogent aussi notre part d'audace.

 

    

 

 

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