Mémoires et Projets de Diplômes

 

«La parole est moitié à celui qui parle, 

moitié à celui qui écoute.»

 

Michel de Montaigne,

Essais, III, 13, « De l'expérience »

 

 

«Il dépend de celui qui passe

Que je sois tombe ou trésor

Que je parle ou me taise

Ceci ne tient qu'à toi

Ami n'entre pas sans désir.»

 

Paul Valéry

Fronton du Musée de L'homme

 

Notes sur le Mémoire Professionnel de Recherche - DSAA Design

☞ En deux mots, le « mémoire professionnel de recherche », ne saurait être un pensum ! C’est un ouvrage stimulant à lire, travaillé dans sa forme, son tempo, sa facture, son allure, proposant, par écrit, un raisonnement sapide au sein duquel l’iconographie n’a pas pour seule vocation d'être illustrative. Ce travail réflexif s’apparente à un montage, il ouvre un laboratoire (heureux labeur) où les efforts consentis de concentration, d’attention, de patience, de cogitation sont dépassés par le plaisir, le désir curieux et sans cesse renouvelé, de questionner le/les objet/s de l’étude, de mettre ces choses en rapport à l'appui d'un commentaire.

Le « mémoire professionnel de recherche » est donc un travail exigeant qui amène son auteur.rice à se forger ses propres outils critiques; il forme, in fine, un ensemble où l’expression écrite est utilisée par un étudiant.e-designer, comme moyen de production d’idée/s en design

Cf. G. Deleuze, « Qu’est-ce qu’avoir une idée en quelque chose ? », in « Qu’est-ce que l’acte de création ? », Conférence donnée dans le cadre des mardis de la fondation Femis – 17/05/1987. Captation et retranscription disponbible [En ligne]; URL: https://contemporaneitesdelart.fr/gilles-deleuze-quest-ce-que-lacte-de-creation/

 

 

 

Horizon d'attentes & quelques enjeux méthodologiques :

☞  Articuler le « faire » et « penser » 

 « Penser en termes de relations » comme l’écrivait Laszlo Moholy-Nagy dans ce texte de fondamental qu’est « Nouvelle méthode d’approche. Le design pour la vie », 1947 (in Peinture Photographie Film, Marseille: Éd. J. Chambon, 1993). C’est-à-dire « éviter les tunnels », articuler, se servir notamment et opportunément des contributions produites en histoire des arts, éco-gestion, anglais, des expériences menées en pratique plastique, en macro-projet ainsi que dans tout autre champ théorique et pratique (cinéma, théâtre, littérature, musique, etc.) pour construire une réflexion originale. 

☞  Proposer un « recueil d’articles » variés, diversifiés - dans leurs enjeux et tonalités - construisant une unité.

☞  Déployer un « chemin de fer » pour prendre du recul sur l’état d’un texte en cours et ses respirations, son mouvement, ses déplacements, sa forme, objectiver son « montage », et les différents rapports texte/image suscités. 

☞  Choisir un format pertinent par rapport au sujet, privilégier la vivacité à la débauche de moyens.

☞  Opérer une sélection limitée de références, encore inédites et méconnues de la communauté enseignante et professionnelle.

☞  S’approprier les savoirs repérés. 

☞  Problématiser, interroger, soulever des paradoxes fertiles, penser contre.

☞  Titrer (trouver la bonne formulation, l’accroche, l’intrigue posant le sujet  pour ne pas se contenter d’une « notion », c’est-à-dire d’une approche thématique).

☞  Trouver le ou les style(s), tonalité(s), mode(s), ou genre(s) d’écriture à adopter. Beaucoup de façon d’écrire, qui correspondent à des pratiques, chacune singulière, permettent de trouver une façon originale de déployer sa pensée; par exemple et de façon non-exhaustive, voici quelques modes intéressants à frayer: l’essai, l’étude, la chronique de journal, l’enquête de terrain ou l’enquête criminelle, la plaidoirie, l’itinéraire, l’entretien, le thème/version ou la traduction, la cartographie, l’atlas, le diagramme, le script, le roman-photo, l’allégorie, le récit, la description naïve ou première, etc.

☞  Incarner le propos, c’est-à-dire faire confiance à son expérience, partir des faits quotidiens, de l’ordinaire, d’une anecdote, n’est pas forcément superficiel, si le choix est pertinent et articulé à un problème.

☞  Respecter l’orthotypographie, la méthode universitaire de citation (qui les rend distinctes du texte courant), et les autres normes de présentation d'un écrit (concernant, notamment les notes de bas de page).

☞  Constituer un Lexique et comprendre l’intérêt d’un tel travail: se forger un vocable précis, rare et spécifiquement approprié à l'objet d'étude

☞  Soutenir un discours à l’oral par quelques « ingrédients rhétoriques » & transitions solides pour fortifier la logique d'un raisonnement, le rendre intelligible et convainquant pour l’auditoire: l’exorde qui introduit qui tend à s'attacher l'attention bienveillante du public (captatio benevolentiae) ; la proposition, qui présente le sujet d'une manière générale et qui est l’action de faire connaître ses intentions ; la narration qui expose les faits ; la preuve qui les atteste ; la réfutation, qui prévient les réserves que pourrait faire le lecteur sur ce qui est avancé, en montrant par exemple que la partie de l’accusation manque de preuves ; la péroraison, qui fait une conclusion générale rappelle les points essentiels de l’argumentation en tentant de remporter l’adhésion et ouvre le problème vers un autre horizon. 

☞  Proposer un positionnement frais et cultivé, qui éclaire la pratique du designer à la fois par des apports contemporains et par ce qui, dans l'histoire des arts, des techniques des lettres etc. aura marqué les esprits (querelles, thèses, idéologies, avancées, bifurcations) et nous regarde encore aujourd'hui.

 

Notes sur le Macro-Projet - DSAA Design

 


Imprimer